Sagan…
Publié : 15 mai 2011 Filed under: Uncategorized 1 Commentaire »“Tu avais raison, tu étais raisonnable, moi pas. Mais qui a raison, là, dans ce domaine ? Je te laisse la raison, la justification, la morale, la fin de notre histoire, son explication. Pour moi, il n’y en a pas, il n’y a jamais eu d’explication au fait terrifiant que je t’aime. Ni non plus, pas du tout, mais pas du tout à ce que cela prenne fin. Et nous y sommes…
Ah, j’oubliais les coquillages. Tu te souviens de ces coquillages ? Parce que tu m’en voulais; de quoi ? De cette plaie ouverte qui était notre passion, comme je t’en voulais moi même. Nous nous étions jetés alors sur ces coquillages lugubres dont nous avions couvert nos oreilles pour ne plus nous entendre, pour ne plus entendre, en fait, le ressac de la mer, le ressac de l’amour et nos voix trop haut perchées tentant de surmonter le vent. Ces coquillages, donc, sont restés là, sur place, ou rejetés par nos mains puissantes et perissables lorsque nous avons admis ensemble, à force de nous voir devenus aveugles, sourds-muets et tristes, qu’ils étaient ridicules. je te lègue ces coquillages. Ils sont là sur la plage, ils t’attendent. C’est un beau cadeau que je te fais là. J’irais bien moi même sur cette plage où il plut tant, où nous nous plûmes si peu, où rien n’allait plus.
je te lègue plus rien. Tu le sais, il n’y a rien d’autre à léguer, rien de compréhensible, rien d’humain; surtout rien d’humain, parce que moi, je t’aime encore, mais cela, je ne te le lègue pas. Je te le promets : je ne veux pas te revoir.”
Françoise Sagan – Lettre d’adieu in La Petite Robe noire et autres textes – Editions de l’Herne
Photo : Robe noire Margit Brandt, boutique Kyrie Eleison
Jeune fille
Publié : 24 avril 2011 Filed under: Uncategorized Laisser un commentaire »“C’était le printemps et pour la première fois depuis deux ans, depuis la mort de mon père, je l’attendais avec impatience. Dans mon cahier de textes, j’avais recopié ces lignes extraites d’un roman de mon grand-père, François Mauriac : “Le bonheur, c’est d’être cerné de mille désirs, d’entendre autour de soi craquer les branches.” Si la première partie de cette définition m’était encore inconnue, je commençais à entrevoir la seconde : j’écoutais, j’entendais “autour de moi craquer les branches”. C’était diffus, nouveau, troublant. Cela surgissait sans raison, n’importe où. Je rêvais alors à ce que pourrait être ma vie, j’étais agitée, traversée de bribes d’espoir.”
Anne Wiazemsky - Jeune fille - Editions Gallimard
Photo : Michelle au Jardin du Luxembourg
Entre Dieu et moi…
Publié : 19 avril 2011 Filed under: Uncategorized 1 Commentaire »“Bien sûr que j’ai parlé à Pia de ce que ça fait d’être “tombée amoureuse”. Elle était enchantée de mes considérations autour des expressions à la “tomber quelque chose” et nous avons passé tout un cours de gym à chantonner de petits vers : je suis tombée en panne, tombée malade et tombée sur lui, tombée entre ses mains, tombée amoureuse ! Tu es tombée dans le piège, tombée dans le panneau, tombée sous son charme, tombée amoureuse !“
Katarina Mazetti – Entre Dieu et moi, c’est fini – Editions Babel
Photo : Eglise Saint-Sulpice
Les Lèvres Rouges
Publié : 12 mars 2011 Filed under: Uncategorized | Tags: call me ponie, Grasset, Les lèvres rouges, Sonia Rykiel Laisser un commentaire »“Choisissez un fil au hasard, coupez le et l’histoire se déroulera”
dit Margaret Atwood. Vrai ? faux ?
Sonia Rykiel - Les Lèvres Rouges – Grasset
Noeud : Call me Ponie



